Tribune : La vie des enfants autistes en République Démocratique du Congo

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Dans la plupart des cas ils sont abandonnés à leurs propres familles qui se débrouillent dans la mesure du possible pour s’en occuper avec beaucoup de difficultés.

L’autisme en occurrence, qui est un cas spécial qui nécessite un suivi méticuleux et une éducation appropriée pour réhabiliter la personne dans le cursus normal en vue de le rendre utile dans la société, exige des moyens considérables. Pour alléger la tâche à la famille et à la société, il serait souhaitable de voir l’implication du gouvernement.

La vidéo sur la sensibilisation à l’autisme du media Africa 24, expose ouvertement le manque des structures de prise en charge des enfants autistes en RDC alors que Nadine Wauters, dans la vidéo de BBC News intitulée « Être la mère d’un autiste en RDC », confirme qu’il y a beaucoup d’enfants autistes à Kinshasa et on ne sait pas les voir puisque la plupart sont cachés dans leurs maisons pour la seule raison qu’ils font la honte de leurs familles.

Une mère d’origine Congolaise, ayant deux enfants présentant le profil clinique du trouble du spectre de l’autisme, témoigne avoir amenée ses deux gamins en Europe pour une meilleure prise en charge, après échecs du traitement reçu par les soignants dans son pays, les médecins Européens, voudraient bien prendre connaissance du traitement qui était instauré par leurs confrères, ces derniers se sont rendu compte que les gamins étaient soignés avec des neuroleptiques.

Ce cas de figure nous amène à conclure que la prise en charge du TSA (trouble du spectre de l’autisme) ne semble pas être maîtriser par les soignants de certains pays dont la RDC où les professionnels de santé ne sont pas suffisamment outillés sur la prise en charge de ce trouble du développement chez l’enfant en période de croissance, car elle est multidisciplinaire. Parfois les neurologues prennent la place des pédopsychiatres, et de ce fait ils soignent l’autisme comme un trouble psychotique (trouble mental caractérisé par une déconnexion avec la réalité).

Docteur Joachin Mukau Ebwel et Herbert Roeyes l’avaient déjà fait remarquer dans leurs recherches scientifiques sur l’autisme publiées par érudit25 en 2017. Selon eux

« Les enfants qui présentent des indices cliniques autistiques ne reçoivent pas le diagnostic spécifique correspondant à leur trouble. Si, certains d’entre eux bénéficient d’une prise en charge, celle-ci n’est pas adaptée à la problématique autistique. De fait, ces enfants sont dès lors pris en charge au même titre que ceux qui ont une maladie mentale, une surdité, des troubles de caractère ou encore une déficience intellectuelle isolée »

Docteur Joachin Mukau Ebwel et Herbert Roeyes

De ce fait, le traitement sera d’office dénaturée et erronée. Il faudra souligner que la RDC a un sérieux problème de prise-en-charge des personnes vivant avec le trouble du spectre de l’autisme ; à la limite on peut se permettre de dire qu’elle est presque inexistante.

Selon certaines indiscrétions, La vie des enfants autistes en RDC et de leurs familles reste un cauchemar pour plusieurs raisons. Au-delà du fait que ces enfants sont traités de sorciers, dans certains milieux ils seront soumis à des traitements de délivrance traumatisantes, et parfois mortels, ils se retrouvent sans défense et sans protection des adultes, et du gouvernement   dans une société gangrenée par des groupes des délinquants incontrôlés appelés KULUNA, qui utilisent ces pauvres enfants autistes, à leur profit pour attaquer et ou mendier dans les rues. Plusieurs cas d’agressions à l’égard des enfants autistes auraient déjà été signalés à la police de Kinshasa qui n’a pas jusque-là réussi à leur donner une protection adéquate.

Le Ministère de l’Enseignement Primaire Secondaire et Professionnel (EPSP) n’a pas encore conçu un programme national particulier pour l’éducation et l’orientation des Enfants autistes en dehors des interventions sporadiques et presque insignifiantes pour soutenir les quelques organisations religieuses qui existent dans la capitale.

Aux regards du manque d’attentions soutenue du gouvernement Congolais à l’endroit de ces personnes vulnérables et vue le risque de discriminations qu’ils courent dans la société Congolaise, il ne peut qu’être compréhensible de voir leurs parents de se débattre pour leurs trouver des meilleures conditions de vie ailleurs.

Cinook


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